- LA RECETTE
- Posts
- Bill Campbell - L'homme qui valait un billion (Part 1)
Bill Campbell - L'homme qui valait un billion (Part 1)
La Recette By Bill Campbell
Hello les amis,
J’espère que vous allez bien ! Encore un envoi tardif de mon côté pour cause de week-end bien rempli.
Il y a 15 jours, je vous ai sollicité pour avoir en savoir plus sur vos attentes vis à vis de la newsletter. Merci à celles et ceux qui ont accepté de jouer le jeu !
Voici ce qui est ressorti de ce sondage : vous êtes visiblement assez nombreux à apprécier les formats courts et actionnables.
Je vais donc essayer d’en tenir compte pour les éditions à venir en commençant par celle de cette semaine.
J’ai une fâcheuse tendance à privilégier l’exhaustivité à la synthèse ou la brièveté mais je vais essayer de corriger ça et d’être plus concis.
Le contenu de cette newsletter n’en sera que plus digeste.
C’est parti !
⏱ Temps de préparation :
Recherches : 9h
Rédaction : 1h30
Nombre de mots : 1876 mots
Temps de lecture : 10 minutes
🥬 Les ingrédients :

🔪 La Recette :
Bill Campell en bref :
A la fin de sa carrière Bill était considéré comme le meilleur “executive coach” de la Silicon Valley.
Il a joué un rôle crucial dans le développement d’entreprises comme Apple, Google ou encore Intuit.
Comment ? En accompagnant les CEOs et cadres dirigeants qui ont bâti ces entreprises pendant des années.
Il était le coach (et l’ami) de Steve Jobs, de Larry Page ou encore d’Eric Schmidt. Il a eu un impact profond sur la vie de centaines de personnes au cours de sa carrière. Des personnes qui ont contribué à façonner le monde tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Mais rien ne le destinait à avoir une telle carrière.
Après l’université, il est devenu coach au sein de la ligue de football universitaire.
Campbell a été l'entraîneur principal de l'équipe de football de l'Université Columbia de 1974 à 1979, puis il est devenu l'entraîneur principal de l'équipe de football de l'Université de Boston de 1981 à 1983.
Plus tard, il a eu l’opportunité de rejoindre Kodak en tant que cadre dirigeant avant de devenir VP of Marketing chez Claris. Il a également exercé des fonction de PDG pour des entreprises comme Go Corporation ou encore Intuit.
Il a siégé au conseil d’administration d’un certain nombre d’entreprises dont notamment Apple.
Les préceptes de Bill :
Le livre est assez dense et riche en enseignement sur le management et le leadership.
Et s’il y a bien une chose que j’ai compris à la lecture de ce livre, c’est qu’en tant que dirigeant ou manager, nous n’avons jamais autant d’impact que lorsque l’on réussit à tirer le meilleur des membres de son équipe / organisation.
Mais ce n’est pas une chose facile.
1 - Devenir manager, ce n’est pas quelque chose que l’on déclare, c’est quelque chose que l’on mérite.
Ça peut paraître un peu grandiloquent mais je pense que c’est un rappel nécessaire.
Se voir attribuer un titre et avoir la capacité d’exercer les fonctions qui l’accompagnent sont deux choses bien différentes. Malheureusement voir “manager” ou “directeur” inscrit sur sa fiche de paie ne suffit pas à garantir que la personne concernée fasse du bon boulot.
Après 3 ans au poste de co-dirigeant de Tire-Fesses, j’estime avoir encore énormément de travail et être très loin du dirigeant que j’aspire à devenir.
Autrement dit : Manager c’est un acte avant d’être un titre.
C’est pas parce qu’on l’écrit dans une signature de mail, sur un CV ou sur LinkedIn que ça devient une réalité pour autant.
Et le meilleur moyen de savoir si tu es digne de pouvoir le revendiquer, c’est de demander à ton équipe.
Parce qu’au final, quand on y pense, ce sont les seuls à pouvoir vraiment t’adouber.
Comment tu peux t’en inspirer :
Pose-toi la question de savoir ce que tu veux incarner et représenter en tant que dirigeant ou manager. Quelles sont les qualités que tu aimerais que l’on t’attribue ? Comment est-ce que cela se manifesterait concrètement dans l’exercice de tes fonctions ?
2 - Les 5 ingrédients pour fédérer une équipe de 1ère division : sécurité, clarté, sens, fiabilité et impact
Se poser la question de savoir ce que l’on veut représenter, ce que l’on espère inspirer à ses équipes c’est une bonne chose mais encore faut-il être en mesure de mettre ces qualités au service de la fonction que l’on exerce.
Et, d’après Bill Campbell, un leader doit réunir 5 ingrédients pour permettre à son équipe de donner le meilleur d’elle-même.
Sécurité - que les membres de l’équipe puissent travailler sans crainte, sans appréhension et dans un climat de confiance
Clarté - donner à voir une vision claire des objectifs à atteindre
Sens - réussir à permettre à chacun de donner du sens au travail qu’il exerce
Fiabilité - être exemplaire, répondre à l’appel à chaque fois que c’est nécessaire pour montrer que l’on est une personne de confiance
Impact - faire la différence dès que c’est possible, se poser la question de savoir comment on peut vraiment faire bouger les lignes et aider son équipe à avancer
Comment tu peux t’en inspirer :
Lorsque tu es face à une situation avec des enjeux, que tu dois prendre une décision importante (définir des objectifs, remotiver ton équipe…) essaie de déterminer comment tu peux t’y prendre pour rassembler ces 5 ingrédients.
3 - Faire moins mais chercher Ă faire mieux constamment.
Bill a eu un parcours professionnel incroyable et il le doit en grande partie à sa capacité à se focaliser sur un nombre limité de choses très importantes.
Des éléments qui font vraiment la différence dans la trajectoire d’une entreprise : l'excellence opérationnelle, le fait mettre l’humain au premier plan, être décisif, bien communiquer, savoir tirer le meilleur parti même des personnes les plus difficiles, se concentrer sur le fait de proposer un produit ou un service excellent et traiter les personnes avec bienveillance en particulier lorsque l’on doit s’en séparer.
Ce sont ces principes qui lui ont servis de boussole et qui dictaient ses décisions et son comportement.
Quand j’ai lu ça, j’ai tout de suite pensé à un point que Warren Buffett répète souvent dans les lettres qu’il adresse à ses actionnaires.
Il a dit à de nombreuses reprises par le passé qu’il attendait des CEOs des entreprises dans lesquelles il investit qu’ils se concentrent sur 3 choses :
Délivrer une expérience client irréprochable
Gérer leurs entreprises de façon frugale et pragmatique
Améliorer continuellement les produits ou les services qu’ils proposent
Une forme de bon sens qui fait souvent défaut à de nombreux entrepreneurs qui se méfient sans doute de la simplicité apparente de ces principes.
C’est sûr que c’est moins sexy que des mots comme “disruption”, “changement de paradigme” ou “révolution”… Mais pour 98% d’entre nous, réussir à faire preuve de bon sens sur la durée est déjà un défi suffisamment difficile à relever.
Comment tu peux t’en inspirer :
Définis les choses qui font vraiment la différence dans ton travail. Etablis avec précision les attentes de tes clients, fais tout ce que tu peux pour y répondre le mieux possible et ne te laisse pas perturber par des considérations externes.
4 - Faire preuve d’une honnêteté radicale mais bienveillante en toute circonstance.
Bill était un homme honnête et c’est une qualité qu’il se plaisait à cultiver chez les personnes qu’il accompagnait.
Y compris lorsque cela voulait dire, par exemple, admettre ses erreurs ou exposer ses difficultés.
Un manager ou un dirigeant qui est en mesure de communiquer avec transparence et honnêteté lorsqu’il est confronté à des difficultés ou lorsqu’il fait des erreurs envoie le signal aux membres de son équipe que ce genre de chose est, non seulement, admis et encouragé mais surtout que c’est attendu.
Or l’honnêteté et la fiabilité sont des pré-requis incontournables à la création d’une relation de confiance. De la confiance naît le sentiment de sécurité évoqué dans mon point n°2.
Comment tu peux t’en inspirer :
Ici pas de baguette magique mais beaucoup de pratique et de répétition. A chaque fois que tu es amené à interagir avec quelqu’un dans le cadre professionnel (un client, un associé, un collaborateur, un investisseur) pose-toi la question de savoir si tu es complètement honnête avec cette personne et comment y arriver.
5 - C’est OK d’avoir des attentes élevées… Sous réserve que tu fasses le nécessaire pour aider tes collaborateurs à les atteindre.
Dans le livre, les auteurs expliquent la philosophie de Bill concernant la manière dont un CEO doit interagir avec son comité de direction.
Il estimait que, selon lui, c’est au CEO de diriger les relations avec le comité et pas l’inverse.
Un bon CEO doit être en mesure d’exprimer clairement ce qu’il attend des membres du comité, de les briefer comme il se doit, de leur fournir les éléments d’information dont ils pourraient avoir besoin mais il ne doit en aucun cas tolérer la présence de quelqu’un qui prendrait cet engagement à la légère.
Et j’ai trouvé ça intéressant puisque cela illustre l’idée selon laquelle on est en droit d’avoir des attentes élevées vis à vis des personnes avec lesquelles on collabore sous réserve qu’on leur donne les moyens de faire leur travail correctement.
Tu peux te permettre d’en demander beaucoup à condition d’être exemplaire.
6 - Une méthode de coaching vieille de 2000 ans qui a fait ses preuves
Bill était un fervent pratiquant de la méthode socratique (créée par le philosophe grec Socrate).
Si, comme moi, tes cours de philosophie te paraissent bien loin, voici un petit rappel.
La méthode socratique consiste à poser des questions ouvertes aux individus dans le but de les amener à réfléchir profondément sur leurs croyances, leurs connaissances et leurs valeurs.
Au lieu de fournir des réponses directes, Socrate encourageait ses interlocuteurs à examiner leurs propres idées, à remettre en question leurs présuppositions et à explorer les conséquences logiques de leurs propositions.
Cette approche du coaching passe par une écoute active et un questionnement précis plus que par la prescription. L’idée étant qu’aider la personne à aboutir à ses propres conclusions est plus formateur que de lui donner “la” réponse.
Comment tu peux t’en inspirer :
La prochaine fois que tu accompagneras l’un de tes collaborateurs dans la résolution d’une situation problématique essaie de suivre les étapes suivantes :
crée un environnement sûr et propice au dialogue.
écoute attentivement et en continu.
ne saute pas à la conclusion, pose des questions de manière à orienter la réflexion de la personne avec qui tu échanges.
encourage la réflexion critique : amène tes collaborateurs à remettre en question leurs propres idées et à examiner les raisons derrière leurs opinions. Demande-leur de justifier leurs choix et de présenter des arguments solides pour les soutenir.
J’approche déjà dangereusement des 2 000 mots pour cette édition et j’ai couvert à peine la moitié des notes que j’ai rassemblé au sujet de Bill Campbell.
Je vais donc m’arrêter là pour aujourd’hui et je vous propose que l’on se retrouve la semaine prochaine pour la deuxième partie.
Je teste une idée qui m’a été suggérée par Olivier Chapelle (coucou Olivier 👋) à savoir aborder les sujets vraiment denses en plusieurs parties. Vous en pensez quoi ?
Quoiqu’il en soit, je vous souhaite à tous une très bonne semaine !
A dimanche prochain.
Thomas