- LA RECETTE
- Posts
- Lancer, développer et acquérir plus d'une centaine d'entreprises en 15 ans à peine.
Lancer, développer et acquérir plus d'une centaine d'entreprises en 15 ans à peine.
L'histoire incroyable de Tiny Capital et d'Andrew Wilkinson.
Andrew Wilkinson en quelques mots :
Il a co-fondé Metalab en 2007, qui est rapidement devenue une des agences UX de référence pour les startups et scale-ups de la Silicon Valley (Uber, Apple, Tinder, Slack, Headspace…)
Il a réinvesti les profits de son premier business pour en lancer/racheter d’autres (SaaS, entreprises de services, médias en ligne).
En 2014, lui et son associé ont fondé Tiny Capital, un fonds de private equity pas tout à fait comme les autres ayant pour but de centraliser et accélérer leurs investissements.
Depuis, ils ont investi dans plus d’une centaine d’entreprises grâce à une méthode… peu orthodoxe.
En à peine 15 ans, ils sont passés d’une petite agence de design à un fonds d’investissement réputé et pour le moins florissant.
Le tout depuis la ville de Victoria au Canada qui n’est pas vraiment connue pour être “the place to be” dans le monde de la tech. Comme quoi…
C’est le genre d’histoire que j’adore (et qui m’inspire énormément).
Donc j’ai creusé un peu le sujet et j’ai passé une bonne quinzaine d’heures à lire et écouter tout ce que je pouvais trouver sur Andrew Wilkinson afin de découvrir la “recette” derrière son succès.
Voici ce que j’en ai retiré :
Grimper sur les épaules des géants pour aller plus vite, plus loin.
En l’occurrence, Andrew a choisi de prendre exemple sur Warren Buffett et Charlie Munger (dont j’ai déjà parlé dans cette newsletter… Coïncidence ? Je vous laisse seuls juges).
Voici ce qu’ils lui ont inspiré :
Investir dans des entreprises rentables, pérennes avec une vision à long terme. “Boring Is beautiful”
Pour pouvoir bénéficier des intérêts composés.
Éviter les entreprises et les secteurs d’activités qui nécessitent d’énormes afflux de capitaux ou prises de risques pour être rentables.
Faire simple, aller à l’essentiel, se focaliser sur les fondamentaux.
La règle du 1 pour 10.
Engager LA personne qui pourra engager les 10 suivantes. Autrement dit : construire par le haut et non par le bas.
Se focaliser sur le fait d’avoir les bons leaders dès que possible au sein de l’organisation pour qu’ils puissent la construire et la consolider par la suite.
Je pense que cette règle s’applique à beaucoup de domaines.
Une question que je me pose souvent : “Quelle est la décision que je peux prendre aujourd’hui qui m’évitera d’avoir à en prendre 10 dans les jours, mois, semaines qui viennent ?”
Tu veux une équipe qui fonctionne ? Fais en sorte d’aligner les motivations de tous les joueurs.
Dans le cas d’Andrew et de Tiny, ça passe par le fait de proposer des participations minoritaires à tous les CEOs qu’ils mettent à la tête des entreprises qu’ils rachètent.
Ou de faire en sorte que les fondateurs restent en conservant une partie du capital.
De cette façon, les intérêts de toutes les parties sont bien alignés.
Ne rechigne jamais à payer le prix pour tout ce qui pourrait te procurer un avantage concurrentiel fort.
Une entreprise est idélement positionnée pour réussir ? Paye le prix qu’il faut pour l’acquérir… Et plus encore.
Tu as l’opportunité de recruter une personne qui sait exactement comment t’amener là où tu veux aller du fait de ses expériences précédentes ? Recrute-la.
Qu’on le veuille ou non, dans 98% des cas le monde des affaires est une compétition.
Et tout ce qui pourrait contribuer à créer, renforcer ou transformer ton entreprise en forteresse imprenable vaut la peine d’être payé au prix fort.
Transforme tes faiblesses en forces.
Ça vaut aussi bien sur le plan personnel que professionnel.
Andrew confesse dans de nombreuses interviews utiliser ses angoisses et son perfectionnisme comme de véritables moteurs qui l’aident à se dépasser.
Un exemple qui me vient lorsque je pense à ça, c’est celui de Tire-Fesses.
Au départ, nous avions, comme beaucoup d’entreprises qui se lancent, un déficit de légitimité.
Alors on a pris des contrats que d’autres agences auraient refusés. On a structuré notre activité de façon à pouvoir faire ce que d’autres ne voulaient pas faire. Au point de réussir à faire de façon rentable aujourd’hui ce que beaucoup d’autres agences ne PEUVENT même pas faire.
Et en cours de route, nous avons gagné en légitimité. Ce qui nous a apporté de belles opportunités.
Autrement dit : fais ce que les autres ne veulent pas faire, jusqu’à réussir à faire ce qu’ils ne peuvent pas faire.
La confiance ouvre des portes auxquelles l’argent ne donne même pas accès.
Qu’il s’agisse d’acquérir une entreprise, de nouer des partenariats stratégiques ou de recruter des talents, la confiance est un pré-requis pour construire quelque chose qui dure dans le temps.
C’est pour ça que Tiny est en mesure d’acheter une entreprise en 1 mois là où les fonds de private equity en mettent 6.
Ils sont transparents, évitent le jargon et les négociations à rallonge. Ils savent ce qu’ils veulent et pourquoi, ils le font savoir et essaient de trouver la meilleure issue pour tout le monde en toute transparence.
L’autonomie est un levier sous-exploité.
Et ça vaut à tous les niveaux de leur organisation.
Ils sont ouverts aux synergies mais ne les provoquent pas.
Ils laissent les entreprises évoluer de façon indépendante. Ils donnent beaucoup d’autonomie aux CEOs de leurs différentes sociétés.
Dans la mesure où ils recrutent des personnes qui ont déjà occupé des fonctions similaires auparavant pour les postes clés de leurs entreprises, ils les laissent avancer de manière autonome.
Un seul enjeu principal : préserver la culture de ces sociétés prometteuses et leur donner les moyens (humains, financiers…) de se développer.
La rentabilité est le seul indicateur qui vaille.
Une des particularités de Tiny, c’est que le fonds d’investissement a levé assez peu d’argent pour financer ses différentes acquisitions.
Mais cela n’a été possible que parce que les différentes activités du groupe génèrent suffisamment de marge pour qu’ils aient du capital à redéployer.
En se focalisant sur des activités de service ou des business en ligne, ils ont fait en sorte de se donner les moyens de continuer leur développement sereinement.
La croissance c’est bien, mais la rentabilité c’est mieux. Et si tu as les deux, alors “sky is the limit”.
Le risque n’est pas aussi sexy qu’on veut bien te le faire croire.
“Miser gros pour gagner gros” est sans doute le pire conseil que l’on puisse donner à un entrepreneur.
Andrew a dit dans plusieurs interviews privilégier des profils plutôt conservateurs lorsqu’il embauche pour ses startups.
Il fait partie des personnes qui incarnent à merveille l’adage selon lequel on ne peut pas perdre tant qu’on continue à jouer.
Alors il fait tout ce qu’il peut pour rester le plus longtemps possible dans le jeu.
Tu es faillible, accepte-le et agis en conséquence.
Mets en place les bonnes routines, les bonnes habitudes.
Façonne ton environnement de façon à ce que tes actions te rapprochent de tes résultats et pas l’inverse.
Ce n’est pas nouveau, le sujet a été étudié en profondeur par des personnes comme James Clear ou Cal Newport, mais je pense que c’est un point grandement sous-estimé par un certain nombre d’entre nous.
Moi le premier.
Tes routines, tes habitudes et ton environnement (y compris digital) sont comme des algorithmes qui influencent tes actions et donc tes résultats. Fais-y attention.
Tes expériences passées sont tes meilleures conseillères.
Le fameux principe du cercle de compétences ou pourquoi il est primordial de savoir exactement ce que l’on maîtrise mais surtout, être honnête et lucide sur ce que l’on ne maîtrise pas !
Capitaliser sur tes expériences, c’est le meilleur moyen de reconnaître les schémas récurrents, identifier les opportunités et définir le plan d’action le plus approprié.
Rien ne remplacera jamais la pratique et les expériences acquises… Parfois au prix de quelques cicatrices.
A dimanche prochain ! ✌️